Quelles sont les démarches à suivre pour fermer son auto-entreprise ?

Ghislain Tavernier
26 août 2026
comment fermer une auto entreprise

Mettre un terme à votre activité ne consiste pas à désactiver un espace en ligne. La cessation de micro-entreprise ouvre une série de démarches sociales, fiscales et juridiques.

Une déclaration incomplète peut prolonger cotisations, taxes ou contrats au-delà de l’arrêt réel. De la fermeture administrative au dernier chiffre d’affaires déclaré, vos obligations finales réclament une vérification des échéances, y compris après la radiation. Le moindre oubli suffit parfois à déclencher une relance.

Cessation définitive ou mise en sommeil, quelle option choisir ?

Votre décision dépend avant tout de la durée probable de l’interruption. La cessation temporaire d’activité suspend l’exploitation sans supprimer la micro-entreprise et doit être déclarée dans le mois suivant l’interruption. Elle est limitée à un an, renouvelable une année supplémentaire pour une activité commerciale. Ce cadre permet le maintien du numéro SIREN, tandis que les déclarations de chiffre d’affaires se poursuivent avec la mention « néant ».

Lorsque aucun retour n’est envisagé, la fermeture complète correspond mieux à la situation. Un arrêt définitif entraîne la suppression de l’entreprise des registres concernés, sans procédure de dissolution-liquidation propre aux sociétés. Cette radiation volontaire met fin à l’activité, mais elle ne dispense pas des dernières déclarations sociales et fiscales. La mise en sommeil préserve donc la structure pour un projet susceptible de repartir ; la cessation s’adresse à celui qui s’achève durablement ou change de forme juridique.

La fermeture se déclare auprès du Guichet unique de l’INPI

La formalité s’effectue sur formalites.entreprises.gouv.fr, le portail officiel chargé de centraliser les démarches des entreprises. Depuis votre espace, le Guichet unique de l’INPI permet d’ouvrir une déclaration en ligne, puis d’indiquer le numéro SIREN, l’identité de l’entrepreneur, l’activité visée et la date réelle de cessation. Relisez chaque rubrique avant l’envoi, car ces renseignements déterminent la radiation transmise aux administrations et registres compétents.

  • Connectez-vous à votre espace personnel sur le portail officiel ;
  • retrouvez la micro-entreprise à l’aide de son numéro SIREN ;
  • choisissez la formalité de cessation totale d’activité ;
  • renseignez la date effective de l’arrêt ;
  • transmettez le dossier et consultez son avancement.

Le dossier reste accessible depuis le tableau de bord pendant son instruction. Sa validation demande une signature électronique, puis le portail délivre un accusé de réception à conserver. Le suivi signale une éventuelle demande de correction et confirme l’achèvement de la formalité. Les données sont adressées aux organismes concernés, dont l’Urssaf, l’Insee, l’administration fiscale et les registres professionnels liés à l’activité. Pour une micro-entreprise simple, cette démarche est en principe gratuite ; un prestataire privé peut facturer son aide, sans remplacer le portail officiel.

Quels délais et justificatifs faut-il prévoir ?

La formalité doit être transmise sur le Guichet unique de l’INPI dans les 30 jours qui suivent la fin réelle de l’activité. La date effective d’arrêt correspond au jour où vous avez cessé d’exercer, et non au moment où vous complétez le dossier. Le délai de cessation se calcule depuis ce repère, même lorsque le dépôt intervient quelques jours après sur le portail.

Le dépôt ouvre un suivi en ligne depuis le tableau de bord du déclarant. Téléchargez l’accusé de réception, la synthèse signée et les pièces jointes afin de garder une trace complète de la formalité. À l’issue du traitement, archivez la notification délivrée et tout justificatif de radiation disponible dans votre espace. L’Urssaf, l’administration fiscale, votre banque ou votre assureur peuvent demander ces éléments pour clore leurs dossiers. Conservez-les avec vos archives professionnelles datées.

À retenir : le délai de 30 jours débute à la date réelle de cessation, et non au jour où vous remplissez la formalité sur le portail de l’INPI.

La dernière déclaration Urssaf clôt les obligations sociales

La radiation administrative ne dispense pas de déclarer les recettes perçues avant la fermeture. Votre dernière déclaration Urssaf reste due selon la fréquence choisie : au cours du mois suivant la période visée en déclaration mensuelle, ou au cours du mois suivant le trimestre civil de la cessation en déclaration trimestrielle. Sans encaissement durant la période, indiquez zéro ; une absence de déclaration laisserait l’échéance ouverte.

Les contributions sont calculées uniquement sur les sommes effectivement reçues jusqu’à l’arrêt. Le chiffre d’affaires encaissé doit donc inclure chaque règlement perçu pendant la période concernée, sans retenir une facture encore impayée. Après transmission, l’Urssaf établit les cotisations sociales finales au taux correspondant à votre activité, avec le versement libératoire si vous l’aviez choisi. Conservez la preuve du paiement après avoir réglé le solde final affiché.

Fréquence déclarativeÉchéance applicableEn l’absence de recettes
MensuelleAu cours du mois suivant la période d’encaissementDéclaration à zéro
TrimestrielleAu cours du mois suivant la fin du trimestre civil concernéDéclaration à zéro

Comment déclarer les factures encaissées après l’arrêt ?

La facturation et la perception du paiement correspondent à deux dates distinctes. Pour calculer votre chiffre d’affaires, le principe de l’encaissement retient la somme reçue, et non la date inscrite sur la facture. Au jour de l’arrêt, établissez un relevé des factures non réglées mentionnant chaque client, montant et échéance. Vous pouvez poursuivre leur recouvrement après la radiation, sans réaliser de nouvelle prestation ni émettre de facture pour une activité exercée après la fermeture.

Un règlement reçu après l’arrêt reste rattaché à l’ancienne activité. Les créances après cessation encaissées deviennent des recettes professionnelles tardives à signaler à l’Urssaf pour régulariser le chiffre d’affaires et les cotisations sociales. Gardez la facture, la preuve du paiement et les échanges. Si votre espace ne permet plus de déclaration, demandez par messagerie une correction adaptée, puis vérifiez l’incidence fiscale auprès du service des impôts.

Les dernières obligations fiscales dépendent du régime appliqué

Le calendrier fiscal ne s’interrompt pas automatiquement à la fermeture de l’activité. Dans les 60 jours suivant l’arrêt, transmettez une déclaration 2042-C PRO et indiquez le chiffre d’affaires perçu du 1er janvier à la date de cessation. Répartissez ces revenus professionnels dans leur catégorie : ventes, prestations commerciales ou artisanales relevant des BIC, ou activités libérales relevant des BNC. Sous le régime micro, inscrivez les recettes brutes, sans retrancher vous-même l’abattement forfaitaire appliqué par l’administration.

L’option fiscale choisie détermine le traitement des derniers encaissements. Avec le versement libératoire, l’impôt est payé avec les cotisations, au taux de votre activité, lors de la dernière déclaration Urssaf ou d’une régularisation. Reportez aussi les montants sur ce formulaire, car ils participent au calcul du revenu fiscal de référence. Pour corriger une recette tardive, échangez par messagerie sur impots.gouv.fr avec le service des impôts des entreprises.

La TVA impose-t-elle une déclaration de cessation particulière ?

Le traitement fiscal de la fermeture varie selon votre situation au jour de l’arrêt. Sous la franchise en base de TVA, vous ne déposez aucune déclaration de taxe, sauf opération particulière ou changement de régime antérieur. Au réel normal, une déclaration CA3 récapitule les opérations encore taxables et doit parvenir au service des impôts dans les 30 jours suivant la cessation.

Situation fiscaleFormulaireDélai après la cessation
Franchise en baseAucun formulaire de TVA, sauf cas particulierSans objet
Régime réel normalCA330 jours
Réel avec acomptesCA1260 jours

Un dernier formulaire achève les obligations déclaratives de la période. Le régime réel simplifié exige une CA12 dans les 60 jours, couvrant l’exercice jusqu’à l’arrêt et déterminant le solde à payer ou le crédit éventuel. La conservation, la vente ou le transfert d’immobilisations et de stocks peut entraîner une régularisation de TVA. Les acomptes reçus et les factures restant à encaisser méritent aussi un contrôle avec votre SIE.

La CFE peut être réduite après un arrêt en cours d’année

La CFE reste établie pour l’année entière d’après la situation constatée au 1er janvier. Lors d’une cessation en cours d’année, un dégrèvement de CFE peut couvrir les mois complets postérieurs à l’arrêt, selon un calcul au prorata temporis. L’activité doit avoir pris fin totalement, sans cession ni transfert. Un arrêt au 31 décembre ne procure donc aucune réduction pour l’année écoulée. Votre demande doit présenter plusieurs renseignements précis requis.

  • le numéro SIREN de la micro-entreprise ;
  • la date exacte de cessation ;
  • la référence de l’avis de CFE ;
  • l’accusé de réception de la formalité de fermeture ;
  • une demande explicite de réduction pour les mois postérieurs à l’arrêt.

La réclamation se transmet au SIE par la messagerie sécurisée de l’espace professionnel sur impots.gouv.fr, ou par courrier. Elle reste recevable jusqu’au 31 décembre de l’année suivant la mise en recouvrement de la CFE contestée. Si vos recettes de référence ne dépassent pas 5 000 €, l’exonération liée au faible chiffre d’affaires peut aussi s’appliquer. Après examen, le service recalcule la somme et rembourse le trop-perçu éventuel.

Quels contrats, dettes et documents restent à traiter ?

La radiation administrative ne dénoue ni les engagements signés ni les opérations engagées avant la cessation. Examinez alors les contrats professionnels en cours — assurance, domiciliation, téléphonie, logiciels, bail ou compte bancaire dédié — et respectez les préavis prévus. Informez vos interlocuteurs de la date d’arrêt, adressez les factures restantes et poursuivez le recouvrement des créances par des relances écrites. Tout encaissement postérieur lié à l’ancienne activité devra encore figurer dans vos déclarations sociales et fiscales.

Attendez le dénouement des prélèvements, remboursements et virements avant de fermer le compte dédié. Le paiement des dettes couvre les cotisations Urssaf, les impôts, les fournisseurs et les avoirs dus aux clients ; la radiation n’annule aucune somme exigible. Organisez parallèlement l’archivage des justificatifs : factures et pièces comptables pendant 10 ans, documents fiscaux pendant 6 ans, relevés bancaires pendant 5 ans. Gardez les relances et attestations de résiliation sous une forme lisible.

La fermeture s’achève avec la vérification de chaque régularisation

Le suivi ne s’arrête pas après la transmission de la cessation au Guichet unique de l’INPI. Depuis le tableau de bord, récupérez la notification de radiation et vérifiez la date d’effet ainsi que le statut de l’activité au RNE et dans le répertoire Sirene ; le RCS concerne, le cas échéant, les commerçants. Toute divergence touchant le SIREN, l’établissement ou la date déclarée mérite une demande de correction accompagnée du récépissé.

Sur le volet financier, rapprochez les avis reçus des déclarations et des sommes versées. Le contrôle des régularisations englobe le dernier chiffre d’affaires déclaré à l’Urssaf, la 2042-C PRO, la TVA applicable et la demande de dégrèvement de CFE après une cessation en cours d’année. Classez les preuves de paiement, accusés de dépôt, réponses du SIE, relevés bancaires et copies des formulaires. Conservez-les durablement pour répondre aux relances et justifier la clôture complète du dossier.